jeudi 31 juillet 2008

SE MARIER SANS L'AVIS DU PERE VIVANT

De nos jours, il est très courant de voir des soeurs et des frères se marier en douceur, en secret sans l'accord du père de la fille qui est aussi son tuteur; sous prétexte que s'ils ne se marient pas,ils risquent de commettre l'adultère.
Est-il considéré comme valide ce genre de mariage? Pour y répondre, nous traduisons une cassette audio du grand muftî de notre époque-qu'Allah lui fasse miséricorde.

Shaikh Muhammad Nasir Din Al-Albani


QUESTION 1 :
Un père qui ne prie pas veut forcer sa fille, qui elle se cramponne à la sounnah (multazima), à épouser un homme qui lui aussi ne prie pas. Cette fille a désobéi à son père, elle a quitté la maison et a épousé un homme pieux avec l’accord du dirigeant musulman (wali amr al-muslimin) de cette région. Quel est le jugement sur ce mariage ?
REPONSE 1 :
Comment le dirigeant des musulmans a pu être un tuteur pour elle ? Si le lieu est précisé, nous pouvons répondre.

QUESTION 2 : c’était en Angleterre.

REPONSE 2 :
Masha Allah, un dirigeant des musulmans en Angleterre ! (Le shaikh et ses élèves rient)…

QUESTION 3 :
il y a des émirs dans chaque région qui s’occupent des affaires des musulmans : des instituts, des contrats de mariage… Elle s’est mariée par l’intermédiaire de cet homme et a refusé le mariage que son père lui proposait avec un homme qui délaisse la prière.

REPONSE 3 :
Ce refus nous l’approuvons et l’obligeons, mais reste un autre problème, car elle s’est mariée sans l’accord de son tuteur, et le prophète dit : « Le gouverneur est un tuteur pour celui qui n’en a pas ». Nous regardons maintenant ces gouverneurs des musulmans que tu as décrits en Angleterre et qui se sont déclarés émirs. Penses-tu que ce sont des savants ?

QUESTION 4 :
Ce sont des étudiants en science, comme vous le savez, ici il n’y a pas de savants.

REPONSE 4 :
Dans ce cas, cette jeune fille doit exposer son problème à un savant en qui elle a confiance, que ce soit en Orient ou en Occident. Elle lui dit : mon père veut me marier à un homme mécréant, ou au moins pervers, alors qu’un homme pieux est venu demander ma main… que dois-je faire ?
Donc ce savant, qui est un dirigeant des musulmans d’après le Qur’an, peut lui permettre de se marier (sans l’accord de son père).
Je crains que ceux que tu m’as d’abord décrits de façon si importante (comme étant les dirigeants des musulmans), puis que tu as nommés émirs, soient des gens qui se sont déclarés eux-mêmes, et personne ne les a nommés. Et cela amène beaucoup de méfaits, et je sais avec certitude qu’ils parlent sur des questions qui surviennent dans ces pays sans aucune science, car ils sont, comme tu l’as dit, des étudiants en science.
La plupart ont un bac ou peut être un doctorat dans un domaine, puis ils s’installent en Occident ou dans un pays mécréant, comme dirigeant des musulmans.
Bref cette question demande beaucoup de prudence et de piété, et de ne pas se presser, car si on résout un problème, on tombe dans un autre… Son père lui ordonne d’épouser un mécréant ou un pervers, il ne lui est pas permis de lui obéir, mais dans le même temps elle ne peut se marier toute seule. Elle doit ramener l’affaire devant un juge musulman, et ce juge la marie, et ceux-là ne sont pas des juges.

QUESTION 5 :
Shaikh, peut-elle vous écrire sa question afin que vous lui répondiez par écrit ?

REPONSE 5 :
Non, je ne suis pas de ceux qui jugent parmi les gens, je peux donner une fatwa, mais je ne peux pas juger. »
FIN des paroles du sheikh
Nous comprenons aisément, à travers les paroles du sheikh:
  • Qu'il n'est pas permis à la femme de se marier sans l'avis de son père vivant.
  • Qu'une personne étrangère à la fille, quel que soit le degré de sa science religieuse ne peut pas marier la fille dans un pays musulman sans l'accord du père.
  • Qu'il convient de porter l'affaire devant le qâdî(juge musulman) qui est le seul habilité à sceller le mariage sans l'accord du père, dans le cas où le refus de ce dernier ne serait pas fondé.C'est pourquoi le sheikh n'a pas voulu juger l'affaire ni autoriser la fille à se marier car il n'est pas juge (qâdî).